Pourquoi j'ai des fuites urinaires à la ménopause ?

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Pourquoi j'ai des fuites urinaires à la ménopause ?

L'incontinence et ses fuites urinaires font partie de symptômes encore trop tabou de la ménopause. Une quinte de toux, un fou rire ou tout simplement un éternuement peut être à l'origine des fuites. Pas toujours facile à gérer, l’incontinence peut rapidement devenir un réel problème du quotidien.


Qu’est-ce que l’incontinence urinaire ?

L’incontinence urinaire est définie comme l’incapacité à retenir des urines par l’urètre. La fuite urinaire quant à elle résulte d'une incontinence. Il existe 3 formes d’incontinences :


L’incontinence d’urgence ou d’impériosité

Il s’agit d’une irrépressible et soudaine envie de faire pipi, une envie qu’il faut soulager là maintenant tout de suite ! Bien souvent, on n’a pas le temps de mettre la clef dans la serrure que c’est déjà trop tard.

L’incontinence d’effort

Les urines s’échappent à la suite d’une pression sur la vessie non précédée par un besoin d’uriner. On constate alors une perte des urines après un éternuement, une toux, un éclat de rire ou à la suite d’un effort physique. L’effort physique en question n’est pas forcément lié une activité sportive, il peut également s’agir de soulever ou porter quelque chose de lourd.

L’incontinence mixte

Il s’agit d’une incontinence qui combinent les deux premières citées si dessus. 

 

Des désagréments très culottés
Des désagréments très culottés

Attention aux idées reçues !


Si les problèmes d’incontinence touchent bien majoritairement que les femmes, il se trouve que contrairement aux idées reçues, ils ne touchent pas que les femmes en post-partum ou en période de ménopause.

Même s’il est difficile d’avancer des chiffres précis (le sujet reste encore très tabou), on estime environ que sur les 3 millions de femmes souffrant de troubles urinaires, 1 sur 2 ont moins de 50 ans et 1 sur 6 moins de 30 ans. En ce qui concerne la ménopause, les problèmes de fuites toucheraient 1 femme ménopausée sur 3.

 

Mais pourquoi les fuites urinaires débarquent à la ménopause ?


L’apparition de fuites urinaires à la ménopause ne sont pas sans raison. Si les causes sont plurielles et multifactorielles, les hormones jouent tout de même un rôle non négligeable. 

Les hormones

On ne le répète plus, à la ménopause, le taux d’œstrogènes dans le sang chute considérablement. Cette diminution a un retentissement direct au niveau de la zone génitale. Les muscles et les tissus des voies vaginales et urinaires, du sphincter de la vessie ainsi que du plancher pelvien ne sont plus stimulés par les hormones et cela chamboule leur anatomie. Ils perdent de leur tonicité, de leur élasticité et s’assèchent rendant la rétention des urines plus difficile.

Le vieillissement physiologique

Avec l’âge, la constitution de la vessie et du plancher pelvien se dégrade. Cela peut être directement dû au vieillissement mais aussi aux différentes étapes de votre vie. Accouchement par voie basse, sport d’impact couteux pour le corps (jogging, sauts…) ou encore constipations répétitives sont tout autant de situations qui ont amené au relâchement musculaire de votre périnée notamment. En ce qui concerne la vessie, celle-ci se dilate moins bien pour retenir le volume des urines empêchant alors une bonne rétention.


Le Prolapsus

Le prolapsus, aussi appelé « descente d’organes », correspond à un déplacement de la vessie, du rectum ou de l’utérus. Ces derniers vont venir compresser les plancher pelvien entrainant des pertes et des fuites.

 

Quels sont les risques liés à l’incontinence urinaire ?

L’incontinence urinaire est un trouble qui affecte directement différents aspects de la vie quotidienne de la personne concernée. On relève des retentissements sur la santé physique et psychologique mais également sur la vie sociale et professionnelle.

 

La santé

Lors d’une incontinence persistante ou chronique, on constate une augmentation des risques d’infection des voies urinaires et d’apparition de cystites. A cause de l’humidité régulière et parfois permanente, des irritations et des démangeaisons peuvent également apparaitre autour de la zone génitale pouvant parfois aller jusqu’à des infections.

 

La vie quotidienne

L’impact de l’incontinence sur la vie quotidienne n’est pas non plus négligeable. Par peur des fuites, de l’inconfort ou des odeurs, certaines personnes n’osent plus sortir, faire du sport ou avoir de vie sociale. L’angoisse de rire, de tousser ou de ne pas arriver à temps aux toilettes devenant handicapante, les plaisirs de la vie et les divertissements sont délaissés.

Du côté de l’intimité, les fuites urinaires peuvent être une des raisons à la perte de libido. En effet, certaines s’empêchent voire même abandonnent l’idée d’avoir des relations sexuelles soit par peur, une nouvelle fois, des fuites urinaires ou simplement à cause des irritations intime qu'elles provoquent rendant les rapports sexuels douloureux.

 

Pourquoi j'ai des douleurs vaginales?
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Alors on fait quoi ?


Déjà on se rassure, l’incontinence est, dans la plupart des cas, réversible. Pour cela, il faut commencer par aller voir un médecin qui saura poser un diagnostic précis sur vos troubles de l’incontinence et surtout sur ses causes pour finalement vous proposer la solution la plus adaptée.

Les traitements médicamenteux

Les traitements médicamenteux peuvent être avec ou sans œstrogène. Les traitements avec œstrogène seront essentiellement locaux : par exemple des crèmes, des ovules vaginaux ou encore des anneaux vaginaux. Dans certains cas, ils peuvent être combinés à un traitement progestatif (c’est le cas quand la dose d’œstrogène prescrite est un peu élevée).  Les traitements sans œstrogène quant à eux, cibleront plus la vessie et le but sera d’en réduire les contractions involontaires.

Rééducation du périnée

Des séances de rééducation périnéale peuvent également vous être prescrites si votre problème d’incontinence vient d’un relâchement du périnée. Un ou une thérapeute saura vous accompagner pour vous aider à renforcer votre périnée et à mieux contrôler votre vessie. Il existe différentes techniques de rééducation du périnée dont certaines pourront même également être recommandées de pratiquer à la maison entre chaque séance avec ou sans accessoire.

Les accessoires

En effet, différents « outils » et accessoires peuvent être utilisés dans le cas d’une rééducation du périnée. Boules de geisha, boules de Kegell, sonde vaginale à électrostimulation, votre thérapeute saura vous conseiller au mieux le dispositif le plus adapté à votre situation. De plus, certains de ces dispositifs sont mêmes pris en charge par la CPAM. Attention cependant, demandez toujours l’avis d’un médecin ou d’un spécialiste avant d’investir. 

La chirurgie

Pour finir, dans certain cas, par exemple en cas d’un affaissement de la vessie, une chirurgie pourra être recommandée afin de la remonter et de la maintenir en place.

 

Le truc à ne pas faire ?

Il arrive qu'à un moment donné, certain.es finissent par penser que le meilleur moyen de lutter contre les fuites urinaires est de moins boire. Cela est une idée reçue qui peut s'avérer dangereuse. En plus de risquer une déshydratation générale et des maux de tête, vos urines ne seront plus "diluées" et vont être beaucoup plus concentrées en bactéries provoquant une irritation de la vessie. 

Alors pour éviter de risquer une déshydratation, des problèmes rénaux, des cystites ou infections urinaires ou d'aggraver vos problèmes de fuites urinaires, hydratez vous !

 

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