Ménopause : la traversée du désir

dans SEXO

Vous imaginez peut-être que la ménopause est ce bloc monolithique dont on parle parfois (mais pas assez), comme s'il n'y avait qu'une ménopause possible et que toutes les femmes la traversaient de la même manière. En réalité, pour chacune, la ménopause est une terre inconnue à découvrir, parfois hostile, parfois très agréablement surprenante ! 

LE CHAMBOULE TOUT

La ménopause survient habituellement autour de 51 ans mais peut survenir à 35 ou 40 ans, suite au traitement d'un cancer ou au  retrait chirurgical des deux ovaires. Les premiers signes d'inconfort et les gênes voire les douleurs se font sentir dès la pré-ménopause, aux alentours de 45 ans dans la majorité des cas, avec plus ou moins d'intensité et d'impact chez chacune. Cette période, les gynécologues la considèrent en réalité comme la plus difficile pour les femmes et la plus perturbée hormonalement.

Bouffées de chaleur,  infections urinaires, sécheresse vaginale, prise de poids, silhouette qui se transforme (la taille s’efface souvent au profit du ventre), humeur en dents de scie, insomnie, fatigue, tout cela a de quoi mettre à mal la confiance en soi, l'idée que l'on se fait de son pouvoir de séduction, quand ce n'est pas le désir tout court de faire l'amour… 

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L’ENVIE D’AVOIR ENVIE (OU PAS)

Certaines femmes,  que ce soient avec des symptômes gênants ou très atténués vont profiter de cette période pour cesser le sexe et s'en libérer. Elles considèrent qu'elles ont eu des enfants, "accompli leur devoir", et que le temps est venu pour elles de passer à autre chose, c'est leur choix et surtout, c'est leur droit.

Il ne faudrait tout de même pas que l'injonction actuelle d'être dans la norme (avec l'obligation de performance) agisse encore. Le sexe est remplacé par une tendresse, une attention et une présence à l'autre qui fonctionne si dans le couple chacun y trouve son compte. Le problème se pose en revanche, si le compagnon (ou la compagne) de la femme ménopausée abstinente y trouve à redire et se trouve lésé dans l'histoire.

Là, le couple devra en discuter, y compris devant un thérapeute de couple ou un sexologue. Quand l'arrêt progressif des relations sexuelles est dû à la chute de la libido, à la multiplication des cystites ou à la sécheresse vaginale,  mieux vaudra consulter un médecin gynécologue, voire un urologue. Tous ces symptômes se traitent et permettent alors de retrouver une sexualité épanouie. L'important est d'avoir envie d'avoir envie. Le reste suivra…

Pourquoi je n'ai plus de libido?
Pourquoi je n'ai plus de libido?

Quelques chiffres

La NATSAL (National Survey of Sexual Behavior) indique qu'après 70 ans la vie sexuelle continue pour 54% des hommes et 31% des femmes. Ce qui signifie aussi que les deux-tiers des femmes n'en ont plus. C'est essentiel à constater,  la sexualité à un âge plus avancé ne doit pas devenir une obligation de performance ou une injonction de faire parce que les autres le font ou parce qu'il faut le faire ! 

LE SEXE LIBERE, DELIVRE

Chez d'autres femmes, cette période va engendrer des réactions inverses qui les étonnent parfois elles-mêmes. Libérées de "la charge mentale", de la nécessité de s'occuper des enfants, libérées peut-être de leur propre activité professionnelle, elles réinvestissent ce champ de leur vie intime, et voient en cette période l'occasion de mettre les bouchées doubles.

C'est la période qu'on nomme la  crise du milieu de vie, décalée dans le temps vu l'espérance de vie,  et qui affecte désormais quinquas voire sexagénaires. On a vécu des années, gravi la montagne, on sait que le temps est compté, alors on veut profiter au maximum de cette ère nouvelle, sans concession.

Certaines femmes découvrent l'orgasme pour la première fois avec un nouveau compagnon, elles empruntent de nouveaux sentiers du plaisir, osent montrer  le chemin à l'autre, se masturbent, s'acceptent enfin. Et quand elles sont avec le même homme, ce n'est pas lui qui change, mais elles qui lâchent enfin prise. A cette même période, les plus aventurières découvrent  les frissons d'une love story de passage,  d'autres  dopées par leur libido ont des aventures avec des hommes plus jeunes qu'elles (vous avez peut être entendu parler des  "cougars" ?), certaines enfin se découvrent une attirance pour les femmes. 

Au plan physiologique, contrairement au vagin qui s'atrophie avec le temps (sauf en cas de sexualité régulière), le clitoris exulte. Sa sensibilité augmente, et il peut même se déployer sous l’effet de la testostérone (l’hormone du désir). 

Pour se faire plaisir
Pour se faire plaisir

LES MILLE ET UNES FAÇONS DE VIVRE LE SEXE

S'il fallait retenir une seule chose, c'est qu'il y a mille façons de vivre le sexe à la ménopause, singulière à chacune, en fonction de son vécu psychologique et physiologique, en fonction de son histoire familiale aussi. Il n’y a ni norme ni obligation. En revanche, en cas de « malaise » ou d’inconfort, connaître les solutions adaptées à chacune peut-être un premier pas vers le mieux-être et la confiance en soi.  

Marie Dorval

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