Ménopause : la fin d'un tabou

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Depuis quelques années, le mouvement féministe s’est emparé du corps. L’évocation des règles n’est plus honteux, il se revendique, l’anatomie du clitoris est évoquée sans malaise au dîner et la lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales s’organise. Quid de la ménopause dans ce tableau d’un progressisme prometteur ? Invisible car toujours inavouable, elle est occultée des débats et ses conséquences existentielles restent ignorées. Il est temps que ça change. 

Refuser l’injonction de la séduction

Le dernier sondage (février 2020) réalisé par l’institut Kantar pour MGEN, la Fondation des femmes et le magazine Femme actuelle est à ce titre éloquent : 39% des Français reconnaissent ne jamais parler de la ménopause, tandis que seule une femme sur deux l’a évoquée avec son conjoint. Et comment nous en blâmer ? A en croire le peu de documentation disponible sur le sujet, c’est l’apocalypse qui nous guette.

Nos os vont devenir fragiles, nos vagins secsnotre peau flétrie et bien sûr, notre moral va s’en ressentir entre deux sueurs nocturnes. Nos corps épaissis ne saigneront plus et, tandis que nos congénères mâles pourront vieillir (et se reproduire quasi jusqu’à la fin) en toute impunité, on nous reléguera sans ménagement hors du champ de la sexualité. Et donc du désir. Car comme le résumait récemment Yann Moix : « Aimer une femme de 50 ans ? Ça, ce n’est pas possible. Je trouve ça trop vieux. […] Elles sont invisibles. Je préfère le corps des femmes jeunes, c’est tout ». Soit.

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Mais signalons néanmoins que les conséquences éventuelles de la ménopause n’ont rien d’une fatalité, qu’ensuite, il semble parfaitement ridicule de se considérer comme séduisante à 47 ans et bonne pour la casse à 52 et qu’enfin, c’est peut-être a contrario le moment de se réjouir d’être libérée du fardeau des règles et de la contraception. L’occasion de se réinventer, d’entamer un renouveau amoureux et sexuel, débarrassée des contingences de la maternité et plus libre dès lors que les enfants, si on en a eu (par choix, ou pas), ont (normalement) quitté le nid familial pour voler de leurs propres ailes. 

Contraception & ménopause
Contraception & ménopause

Reprendre ses désirs en main

Car la ménopause ne signifie pas la fin de la sexualité, mais la fin de la reproduction. Rien à voir en somme avec une perte de féminité. De même qu’une diminution de la libido n’a rien d’automatique et que, signalons-le au passage : contrairement à l’homme, menacé par des troubles de l’érection, la ménopause n’a aucune incidence sur la qualité des orgasmes féminins.

Quant à celles d’entre nous pour qui la sexualité a toujours été une corvée, c’est peut-être aussi l’occasion d’assumer son manque d’intérêt pour la question et de s’affranchir enfin d’un « devoir » qu’elles n’auraient jamais dû considérer comme tel. Et peut-être au passage en profiter pour explorer d’autres désirs parfois profondément refoulés : changer de voie professionnelle, reprendre des études, oser enfin peindre ou faire son baptême de plongée. Se recentrer. Oser commencer à s’écouter.

La traversée du désir
La traversée du désir

Quoi qu’il en soit, pour cesser de redouter ce basculement hormonal, il faut apprendre à le connaître pour ne plus le fantasmer, le cacher ou l’occulter. En informant et en s’informant, la ménopause prendra enfin la place qui lui revient, celle d’un simple changement d’état, investi de la charge émotionnelle que chacune d’entre nous choisit de lui donner. Oui, on peut choisir d’opter pour un traitement hormonal si on le souhaite. Oui, on peut choisir de se débarrasser des symptômes gênants de la transition via une thérapie naturelle. Oui, on peut choisir de ne rien faire du tout.

La réponse vous appartient et votre choix sera forcément le bon ! 

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