Sexualité - Pourquoi j'ai des douleurs vaginales pendant les rapports ?

dans SEXO

L’une des premières raisons qui coupent net l’envie de faire l’amour à la ménopause est la dyspareunie à savoir, les douleurs pendant les rapports. Pourtant ça s’est plutôt toujours bien passé de ce côté et du jour au lendemain ça bloque. Ça gêne, ça brûle, ça frotte et des fois même ça saigne. Bref, ce n’est franchement pas agréable. Alors peu à peu, la sexualité se retrouve mise de côté pouvant parfois mettre à mal l'harmonie du couple.

Vous n’allez jamais nous croire mais malheureusement c’est un phénomène un peu banal et on vous le donne en mille, les hormones n’y sont pas pour rien. Tiens donc !!

Quelles sont les causes de ces douleurs ?

La sécheresse intime

Il y a plusieurs causes aux douleurs pendant les rapports, l’une des principales et plus fréquente est la sécheresse vaginale. Mais si elles sont vraiment très désagréables, nous allons voir ensemble que des solutions existent et qu’il n’y a aucune raison que vous arrêtiez de batifoler sous la couette pour une histoire de sécheresse vaginale.

Mais qu'est ce qu'une sécheresse vaginale ? Nous avons ici et là dans le vagin des glandes responsables de la lubrification interne favorisant l’élimination des toxines et des bactéries. En gros, on s’auto-nettoie quotidiennement et naturellement. Mais pour entrer en action, ces glandes doivent être sollicitées par les hormones et notamment par les œstrogènes. Sauf qu’à la ménopause, le corps fabrique de moins en moins d'œstrogènes et les glandes sont donc moins productives…

Enfin, pendant les rapports, c’est l’afflux sanguin lié à l’excitation qui active la lubrification mais avec l’âge, la circulation sanguine est moins forte et donc la lubrification s'amoindrie également.

Et bien entendu, les problèmes de lubrification et de sécheresse ne sont pas sans conséquences. Au quotidien, les bactéries sont moins évacuées entraînant des démangeaisons, des sensations de brulures, des vaginites et autres infections vaginales ou mycoses. Sur le plan sexuel, un manque de lubrification rend la pénétration et les rapports douloureux voir même irritants jusqu’à causer des saignements. Et forcément, on l’a déjà dit, il n’y a aucune raison de s’infliger quelques choses de désagréables quand on a le choix.

L’atrophie vulvo-vaginale

Par ailleurs, il arrive qu’à la ménopause certaines femmes souffrent d’atrophie vulvo-vaginale. C'est à dire, que les tissus des parois du vagin s’affinent, perdent de leur élasticité et l’orifice d’entrée du vagin se resserre rendant les rapports et la pénétration beaucoup moins confortables. Cela est dû à une déficience en œstrogène. On ne le dirait pas comme ça mais mine de rien ça joue beaucoup car cela entraîne une réelle modification de votre anatomie intime. Les conséquences peuvent être des troubles urinaires à répétition, une sécheresse vaginale (le retour) ou en encore une fragilité des parois vaginales entraînant une dyspareunie.

Peut-on encore faire l'amour après la ménopause ?

Bien sûr que oui, et heureusement d'ailleurs ! Faire l'amour est bon pour la santé, le moral et même le cardio, il n'y a donc aucune raison de s'en priver !

Par ailleurs, il n’y aucune honte à avoir des problèmes intimes. Discutez-en avec votre partenaire car des solutions existent mais malheureusement, il ou elle ne peut pas deviner vos difficultés. Et les non-dits risques d’engendrer des frustrations et des incompréhensions qui pourraient être évitées. Ce qui vous arrive fait partie de votre vie de femme.

Tant que les douleurs dureront, il sera probablement difficiles d'avoir les mêmes rapports sexuels qu'avant. Il faudra trouver ensemble des techniques nouvelles et développez ensemble une nouvelle forme d’intimité. Laissez libre court à votre imagination ! Caresses, massages, lubrifiant et pourquoi pas sextoys sont autant d'alternatives qui vous aideront à développer une intimité et une sexualité qui vous correspond et qui vous respecte.

Après tout, faire l’amour ne se résume pas à la pénétration et celle-ci n’est pas une finalité dans le rapport sexuel, surtout si elle doit être douloureuse. Il y a 1001 manières de faire l’amour et c’est à vous et votre partenaire de créer cette nouvelle sexualité en étant à votre écoute et à celle de l’autre.

Comment soulager ma dyspareunie ?

On prend soin de son vagin

Enfin, on ne vous apprendra rien en vous disant que prendre soin de son intimité est essentiel pour éviter les soucis intimes et les infections vaginales. Par exemple, on peut éviter les déséquilibres de la flore et les mycoses vaginales en évitant le port de sous-vêtements synthétique pour privilégier le coton, plus respirant. L'utilisation d'un gel nettoyant intime au pH neutre sans parfum peut être idéal sous la douche mais il faudra surtout éviter les douches vaginales (n'oublions pas que le vagin est auto-nettoyant).

Enfin, le port de serviettes hygiéniques en permanence, notamment en cas d'incontinence ou de fuites urinaires est l'un des facteurs de risque d'irritation de la vulve et d'affection de la peau, notamment au niveau des grandes lèvres.

Enfin, pour un maximum de confort au quotidien et dès la moindre irritation, on n'hésite pas à appliquer des crèmes ou des gels apaisants et hydratants. Des baumes pour la vulve très doux seront également appréciés par votre intimité.

Pendant les moments intimes (seule ou à deux) , on n'hésite pas à trouver un gel lubrifiant qui nous convient et qui facilitera le rapport.

Quel gel lubrifiant contre la sécheresse ?

Contre la sécheresse vaginale et les sensations de brulures pendant les rapport sexuels, le mieux reste le gel lubrifiant naturel. A base d'eau ou à base d'huile, avec ou sans applicateur, chacune voit midi à sa porte. Vous pouvez les utiliser régulièrement pour un bien-être quotidien ou plus ponctuellement pendant le rapport. Si vous ne connaissez pas la différence entre les uns et les autres, vous pouvez tout essayer avec des kits découvertes tout à fait pratiques.

Vous n'avez pas de lubrifiant sous la main ou vous cherchez une méthode encore plus naturelle qu'un lubrifiant bio ? Les huiles végétales telles que l'huile de coco peuvent être un parfait substitut au lubrifiant. Attention cependant, les huiles végétales ne sont pas du tout compatibles avec l'utilisation de préservatif en latex. En effet, les huiles abiment les matières latex les rendant poreux et les rendant alors moins voire plus efficaces. Il en sera de même pour les sextoys et vibromasseur en silicone. Alors, pour prolonger la durée de vie de vos jouets intimes, préférez des lubrifiants à base d'eau.

Focus sur l'excitation et la libido

On ne vous apprendra pas non plus qu'une bonne lubrification vaginale vient aussi de l'excitation au moment du rapport sexuel et que sans excitation, il n'y aura pas de lubrification.

Qu'on ait la tête ailleurs, un blocage physique ou psychologique, une baisse de libido, l'important est de s'écouter et de respecter son désir sans se mettre la pression. Si la baisse de la libido touche aussi bien les hommes que les femmes, elle reste un symptôme fréquent de la ménopause et ses causes peuvent être multiples. Chute des hormones, tensions dans le couple, mal-être physique ou psychologique, l'essentiel est de mettre le réussir à mettre le doigt dessus pour pouvoir, dans un premier temps, en parler avec son médecin ou un médecin spécialisé et son ou sa partenaire.

Ensuite, on se déculpabilise. Ce n'est pas grave voire normal de ne pas avoir envie. On ose se dire que si ça ne fonctionne pas cette fois-ci, qu'on est "pas dedans" et bien tant pis, on réessayera plus tard. On ne se dit surtout pas que "l'appétit vient en mangeant", cela fonctionne pour le chocolat, pas pour les rapports.

Si l'envie est bien présente mais que les gênes et les douleurs rendent le rapport sexuel impossible, il ne faut surtout pas forcer. Pour mettre toutes les chances de son côté, on se détend, on ne lésine pas sur les préliminaires (trop souvent bâclées ou délaissées) et on s'offre une bonne dose de lubrifiant. Et si ça ne fonctionne vraiment pas, on trouve une alternative. Ne jamais oublier que la pénétration n'est pas une finalité et qu'il y a bien d'autres moyens pour prendre du plaisir.

On consulte un spécialiste

Comme pour tous les symptômes de la ménopause (sueurs nocturnes, bouffées de chaleur, insomnie...) ne restez pas avec vos douleurs. N’hésitez pas à consulter votre médecin ou votre gynéco/sage-femme si les douleurs, la sécheresse vaginale ou les inconforts ne passent pas. N’ayez pas honte de leur exposer vos problèmes en rapport avec votre libido et votre sexualité, après tout ils sont là pour ça.

Par ailleurs, un diagnostic posé rapidement par un professionnel de la gynécologie sera plus facilement pris en charge et mieux traité. Que ce soit avec des traitements locaux (gel à l'acide hyaluronique, crème apaisante, ovules), en voie orale naturel ou médicamenteux ou un suivi spécifique par un médecin spécialisé, n'oubliez pas que des solutions aux problèmes de douleurs intimes existent et qu'il est essentiel que vous preniez soin de vous.

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